Annexe 2.12 : Perspectives autochtones sur la durabilité *
1. Sources des connaissances traditionnelles sur l’environnement naturel :
Les connaissances des Autochtones sur l'environnement se sont développées au cours de siècles d'observation et de perception des changements saisonniers, changements qui étaient naturellement pris en considération dans leur vie quotidienne et dans leurs décisions. Les décisions étaient respectueuses de l'environnement qui, de ce fait, répondait aux besoins des individus, des familles et des communautés. Leur alimentation reposant sur la cueillette, les peuples autochtones se déplaçaient vers les régions qui avaient beaucoup à offrir. À chacune des quatre saisons correspondait une période de chasse et de piégeage pour la nourriture et les vêtements, une période de pêche, de récolte de fruits et de baies, ainsi qu'une période de cueillette et de préparation de plantes médicinales. En menant ces activités, les peuples autochtones respectaient les cycles de croissance, de reproduction et de régénération des plantes et des animaux. Interrompre ces cycles naturels était considéré comme un acte allant à l'encontre des lois de la nature.
2. Le concept de viabilité (durabilité) : une responsabilité collective pour l’avenir :
Cette connaissance et cette compréhension de l'environnement naturel reflétaient l'importance vouée à la préservation de la Terre nourricière pour les sept générations à venir. Il est impératif pour tous les peuples de prendre à cœur la survie de la septième génération, car c'est là-dessus que repose le concept de viabilité.
Nous devons prendre des décisions de façon à assurer une qualité de vie équitable à tous et pour les sept générations à venir.
Selon la conception du monde des Autochtones, prendre soin de la terre est une responsabilité collective et il ne faut utiliser que ce qui est nécessaire pour survivre. L'interconnexion et l'interdépendance de toutes les formes de vie - de l'être humain, de la faune et de la flore, et de tout ce qui existe sur Terre, sont également des éléments fondamentaux de leur philosophie de la vie. La notion de viabilité n'est pas quelque chose de nouveau pour les Autochtones; ils sont très conscients de la nécessité de plus en plus pressante pour l'être humain de respecter davantage l'environnement - la Terre mère - si nous voulons continuer à vivre ensemble sur cette planète. De par leurs coutumes, bien des peuples autochtones adhèrent actuellement aux principes de viabilité. Cela se reflète dans la richesse et la profusion des pratiques culturelles autochtones, notamment des nombreuses fêtes et célébrations organisées pour rendre hommage à la vie. Chacune des saisons est célébrée et, comme par le passé, un moment spécial est réservé pour remercier le Créateur de toutes les formes de vie.
Étant donné que la population autochtone est celle qui augmente le plus rapidement au Manitoba, il est absolument indispensable que ces croyances et ces pratiques soient préservées et transmises aux nouvelles générations. Cependant, dans un monde où la viabilité n'est pas encore entrée dans les mœurs, une telle approche risque d'être difficile à mettre en œuvre. Les peuples autochtones sont confrontés à un double défi, celui de perpétuer leurs pratiques traditionnelles en matière de développement durable, et celui de parvenir à l'équité dans un monde qui évolue rapidement.
3. Concepts autochtones en matière de viabilité :
Notre mère nourricière, la Terre
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Dans bien des langues autochtones, l’expression « mère nourricière » utilisée pour la Terre évoque un être vivant.
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Lois de la nature
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Il existait une période et une saison pour toutes les activités de subsistance. On ne tuait pas les animaux pendant leurs cycles de reproduction.
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Éléments essentiels au maintien de la survie sur la Terre
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L’air : l’élément essentiel à la vie humaine et à toutes les formes de vie. L’air nous permet également de penser et de parler.
La terre : elle nous donne notre nourriture et bien d’autres matières et ressources nécessaires au maintien de la vie.
Le feu : il nous fournit la chaleur et la lumière. Le Soleil est feu.
L’eau : elle nous rafraîchit, nous réconforte et rend possible la vie et croissance.
C’est équilibre entre ces autres éléments vitaux, les capacités innées de l’humanité et les éléments de la nature essentiels à la vie qui nous permet de vivre bien et dans le confort.
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Interactions et interdépendances
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Aucune personne, aucun animal et aucune chose ne doivent être tenus pour acquis. Chaque être et chaque chose a un rôle à jouer et une place à occuper.
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4. Le Cercle de la vie autochtone*
Les nations autochtones ont une spiritualité traditionnelle qui repose sur la communion de l'humain avec la vie animale, la nature et la Terre. Dans cette approche, tout est sacré, tant la vie que les liens avec la faune, la flore et l'environnement. Le point de départ de la spiritualité autochtone est le grand cercle de la vie.
Le cercle représente l'élément de base de la spiritualité autochtone. Commun à de nombreuses sociétés traditionnelles des trois Amériques, le cercle constitue une approche globale de la compréhension de la vie et des êtres vivants. En vertu de cette approche circulaire, tout ce qui existe dans l'univers est redevable à une divinité suprême qui est à l'origine de la création et qui a engendré le mouvement circulaire de la vie.
Dans le cercle, tous les éléments de la création, soit les humains, les animaux, les plantes, l'air, le feu, l'eau, la terre, les étoiles, etc., forment un tout indivisible. Il n'existe aucune suprématie d'un élément sur un autre. Tous sont sur un même pied et une chaîne infinie de relations unit tous ces éléments égaux.
Dans la pensée circulaire, tous les éléments, tant les humains, les animaux, les plantes, que la terre, vivent une constante interaction. Entre ces éléments, la recherche de l'équilibre et le maintien de l'harmonie deviennent des préoccupations de tous les instants qui orientent et conditionnent la vie et les actions de tous. Tout doit être mis en œuvre pour atteindre et conserver cet équilibre, car la survie et le bien-être de chacun en dépendent. Chacun est moralement responsable de l'autre et de son bien-être. Tous les éléments du cercle, étant issus de la grande volonté créatrice, sont formés de la même substance vitale. Il n'y a, par le fait même, aucune différence entre les éléments.
Chaque être, chaque forme de vie, chaque élément du cercle possède une âme, ce qui place tout et tous sur un pied d'égalité. Dans ce contexte de recherche d'équilibre et d'harmonie, chacun doit manifester une solidarité sans faille avec les autres éléments du cercle, qu'ils soient humains ou non, à cause de cette responsabilité du bien-être de tous et de chacun.
5. Le principe de la septième génération:*
« Nous ne pouvons pas penser simplement à notre survie; chaque nouvelle génération est responsable d’assurer la survie de la septième génération».
La façon dont les êtres humains interagissent avec Terre mère, la façon dont nous utilisons les minéraux, les plantes et les animaux, tout cela doit être fait d'une manière nous permettant d'assurer la survie de la septième génération, pas seulement la nôtre. Inhérente à ce principe est l'idée de la conservation de la biodiversité : conserver l'intégrité des écosystèmes et des espèces de façon à leur donner une valeur indispensable pour tous les êtres humains, aujourd'hui et demain. Le principe de la septième génération, tel que décrit ci-dessus, est un principe commun chez les groupes autochtones qui prennent en considération les répercussions de leurs actes sur l'avenir.
6. Qu'est-ce que le cercle d'influences? Que signifient les quatre divisions du cercle? **
Dans nos enseignements traditionnels, on nous apprend que le numéro quatre est très sacré pour les peuples de l'Île de la Grande Tortue (le nom Ojibway pour le territoire canadien). Le cercle d'influences est un ancien symbole autochtone nord-américain qui représente quatre éléments sacrés.
Le symbole du cercle d'influences représente de nombreuses choses dans le monde naturel qui se présentent par quatre. Par exemple, on nous dit que dans le cercle de la vie, les quatre couleurs sacrées (rouge, jaune, noir et blanc) représentent les quatre directions du vent, ainsi que les quatre saisons. Il y a aussi quatre produits médicinaux sacrés :
1. Wiingashk (Foin d'odeur) représente les cheveux de la Terre, c'est pourquoi il est souvent tressé. Il est connu pour son odeur agréable.
2. Semma (le tabac) sert à offrir des prières au Feu sacré où on fait brûler les paquets de tabac; souvent utilisé dans les Pipes sacrées.
3. Keezhik (cèdre) est débarrassé des branches et sert à faire de la fumée et à se purifier.
4. Shkodawabuk (un type de sauge) La sauge et le cèdre sont des produits médicinaux pour les femmes.




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